Le harcèlement sexuel, qu'est-ce que c'est ?

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Que dit la loi ?

Selon la loi belge (1), le harcèlement sexuel au travail désigne tout comportement non désiré à connotation sexuelle ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à la dignité d'une personne ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant.

Ce type de harcèlement peut se manifester sous différentes formes, tant physiques que verbales (regards insistants, remarques équivoques, exposition de photos pornographiques, attouchements, coups et blessures, viol...).

Quid du sexisme et du sexisme ordinaire ?

Le sexisme et le sexisme ordinaires sont le terreau du harcèlement sexuel (2).

Le sexisme au travail s’entend, d’une part, de toute croyance ou conviction qui conduit à considérer des personnes comme inférieures en raison de leur sexe, genre (3) ou orientation sexuelle ou à les réduire de quelque manière que ce soit à leur dimension sexuelle. Le sexisme s’entend, d’autre part, par tout propos, geste, comportement ou pratique, fondés sur une distinction injustifiée entre les personnes en raison de leur sexe, genre ou orientation sexuelle, qui entraînent des conséquences préjudiciables en termes de bien-être, de conditions de travail, voire d’emploi.

Croire par exemple que les femmes seraient plus douées pour les fonctions subalternes multitâches ou administratives ou qu’elles seraient trop émotionnelles pour des postes à responsabilités, relève du sexisme.

Le sexisme ordinaire au travail se définit comme l’ensemble des propos, attitudes et comportements fondés sur des stéréotypes de sexe ou de genre directement ou indirectement dirigé contre une personne, ou un groupe de personnes, en raison de leur sexe et de leur genre. Bien qu’en apparence anodin, le sexisme ordinaire a pour objet et/ou pour effet, de façon consciente ou inconsciente, de les délégitimer, de les inférioriser de façon insidieuse, voire bienveillante, et peut entraîner une altération de leur santé psychologique ou physique.

Ce sexisme se manifeste au quotidien, par exemple, à travers des blagues et commentaires sexistes, des remarques sur la maternité, des stéréotypes négatifs, des incivilités ou des marques d’irrespect, des compliments ou critiques sur l’apparence physique non sollicités ou désirés, des pratiques d’exclusion.

Est-ce la même chose que le harcèlement moral ?

Selon la loi belge (1), le harcèlement moral au travail est constitué de plusieurs conduites qui ont pour objet ou comme effet (selon que l'auteur agit de façon intentionnelle ou non) : de porter atteinte à la personnalité, à la dignité ou à l'intégrité physique ou psychique d'une personne ; de mettre en péril l'emploi de cette personne et/ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant. Pour être considérées comme du harcèlement, ces conduites doivent être abusives et se produire pendant un certain temps. Elles se manifestent notamment par des comportements, des paroles, des intimidations, des actes, des gestes et des écrits unilatéraux.

En droit belge, harcèlement moral et harcèlement sexuel sont deux phénomènes distincts, soumis à des conditions différentes (la fréquence et l’intention ne sont pas nécessaires pour établir le harcèlement sexuel) et donnant droit à des réparations différentes.

Alors, finie la séduction ?

Pas du tout. Il ne faut pas confondre les rapports de séduction avec le harcèlement sexuel. Dans le premier cas, il s’agit d’un rapprochement réciproque, constructif, basé sur le consentement mutuel, alors que dans le second, le rapprochement est unilatéral, dégradant et blessant. La personne importunée se trouve dans une situation inconfortable qui la contraint à adopter des stratégies d’évitement : modifier ses horaires, changer de lieu (bibliothèque, bureau, etc.), de filière, d’unité ou de service, voire quitter l’Université.

Alors, finie la bienveillance ?

La bienveillance est une disposition favorable envers une personne. Encore faut-il se demander si la ou le destinataire la ressent de la sorte. Ainsi, lorsque la personne se sent infantilisée ou privée d’autonomie, ce n’est pas le cas. Par contre, si elle se sent soutenue et respectée dans ses projets d’études ou professionnels, on peut parler de bienveillance.

 

(1) Voir ici.

(2) Le contenu qui suit est inspiré du guide « Gardons les yeux grands ouverts ! » de l’Université de Genève.

(3) Le mot « sexe » se réfère aux caractéristiques biologiques et physiologiques qui différencient les hommes des femmes. Le mot « genre » se réfère aux rôles déterminés socialement, soit les comportements, les activités et les attributs qu’une société considère comme appropriés pour les hommes et les femmes.